le Maroc ? le Maroc ...
Par mathias le lundi 15 janvier 2007, 23:56 - Lien permanent
"Accusés de «diffamation envers l'islam et la monarchie» pour avoir publié des
plaisanteries sur la religion, les deux journalistes de l'hebdomadaire Nichane
ont finalement été condamnés lundi à trois ans de prison avec sursis et une
amende collective de 80.000 dirhams • Le procureur avait requis cinq ans de
prison ferme."
! Pour un point de vue d'entrepreneur installé depuis peu au maroc, c'est
ici
Mais on ne dit pas n'importe quoi non plus sur son blog au Maroc....
Sinon on continue sur Libé :
"Accusés de «diffamation envers l'islam et la monarchie», les deux journalistes
d'un hebdomadaire indépendant marocain Nichane ont finalement été condamnés ce
matin à trois ans de prison avec sursis et une amende collective de 80.000
dirhams (7.220 euros) par le tribunal de première instance de Casablanca qui a
par ailleurs interdit durant deux mois la publication du magazine
arabophone.
Certes il s'agit de peines bien lourdes pour sanctionner un dossier intitulé
"Comment les Marocains rient de la religion, du sexe et de la politique". Mais
dans son réquisitoire le ministére public avait demandé 5 ans de prison ferme,
la fermeture définitive du magazine et une interdiction professionnelle à vie
pour l'auteur de l'article et le directeur de la publication.
L'affaire avait suscité autant d'indignation qu' une réelle incrédulité car
elle se déroule dans un pays considéré comme le plus libre du monde arabe avec
le jeune roi Mohamed VI tient à s'affirmer comme un réformateur moderniste. Et
dans ce dossier l'hebdomadaire se contentait de recueillir des plaisanteries
qui mettaient en scène Mahomet, le roi Hassan II, les islamistes ou des
Marocains à la recherche d'une sexualité performante.
Il y avait là quelques noukat (blagues populaires) parmi les plus courantes,
mais pas les plus corsées. Celles qui circulent dans la rue sont bien pires.
Appartenant au même groupe que l'hebdomadaire irrévérencieux francophone
TelQuel, le magazine, qui revendique une vente hebdomadaire de 14.000
exemplaires, a connu un rapide succès auprès des jeunes en raison de sa liberté
de ton et parce qu'il s'efforce d'écrire en arabe dialectal marocain.
La procédure avait demarré sous la pression des groupes islamistes. Dés le
15 décembre, un site Internet islamiste affirmait vouloir déposer plainte
contre Nichane qui a «gravement offensé Dieu et son prophète». Des voix
s'élèvaient dans les groupes religieux marocains, et parfois étrangers,
officiels ou clandestins, pour appeler à «laver l'affront fait aux musulmans»
en prenant les «mesures les plus extrêmes» à l'encontre de
l'hebdomadaire.
A la rédaction de Nichane, les appels téléphoniques menaçants se succèdent.
Sentant «le malentendu enfler et le danger se préciser», Driss Ksikes fait,
dans des quotidiens marocains, des «excuses à ceux qui se sont sentis
offensés». Pour tenter de calmer le jeu, les responsables de Nichane contactent
des membres du gouvernement, oulémas (docteurs en religion) et islamistes du
PJD (Parti justice et développement, représenté au Parlement) afin de leur
expliquer que ce «receuil de blagues ne reflète pas la ligne éditorial du
magazine».
Mais il était trop tard. Les poursuites étaient éjà lancées contre Nichane
pour «atteinte aux valeurs sacrées» et «publication d'écrits contraires à la
morale et aux moeurs». Les autorités ont-elles perdu leur sang-froid par peur
de voir l'affaire s'internationaliser et prendre l'allure de celle des
caricatures danoises ? Ce n'est pas impossible dans un Maroc soumis à une
double pression islamiste : celle, électorale, du PJD dont le futur score
aux législatives, prévues en septembre, inquiète Rabat et celle, kamikaze, des
jihadistes qui ont déjà frappé de manière spectaculaire en 2003 à Casablanca et
dont des cellules sont démantelées régulièrement au Maroc."
in liberation
PS Rappelons qu'en Egypte, depuis le milieu des années 90, Moubarak a donné
du mou aux islamistes et a délégué aux autorités religieuses la charge de la
censure.
Un exemple ?
Un égyptien qui souhaite lire un livre sur les pharaons ou sur les pyramides doit le commander à l'étranger, la civilisation de l'Egypte antique étant considérée comme contraire à l'Islam.